Le Shakubuku
Le Shakubuku est une pratique de dialogue sincère et bienveillant qui consiste à partager le bouddhisme de Nichiren avec respect, dans le but d'encourager chacun à révéler son potentiel illimité et à construire une vie de bonheur durable.
Qu'est-ce que le Shakubuku ?
Shakubuku, la transmission des enseignements bouddhiques, fait partie intégrante de la pratique religieuse dans la tradition du Mahayana. Ainsi, le Sûtra du Lotus est, dans sa majeure partie, consacré à ce sujet et Nichiren Daishonin œuvra toute sa vie à transmettre la Loi bouddhique, tout en encourageant ses disciples à faire de même :
« Transmettez de votre mieux ce bouddhisme aux autres, ne serait-ce qu'un seul mot ou une simple phrase »
— Nichiren, La véritable entité de la vie
Éveiller le potentiel humain
Notre vie intérieure est riche en possibilités inexploitées. D'immenses réserves de sagesse, de courage, d'énergie et de créativité résident en nous. Ce potentiel est propre à chaque personne – selon son caractère et sa culture – et, lorsqu'il se manifeste, il donne lieu à une merveilleuse et infinie variété d'expressions.
Le but du bouddhisme est de permettre à chaque personne de prendre conscience de ce potentiel et de le manifester dans sa vie, de manière incessante. Il offre une voie pour se libérer du sentiment d'impuissance et pour activer les ressources intérieures qui permettent de transformer ses souffrances et pleinement s'épanouir.
Le principe du « véhicule unique » : Les êtres humains ont tous droit au bonheur et peuvent tous, sans exception, atteindre la bouddhéité en cette vie.
« De tous les enseignements bouddhiques, c'est le Sûtra du Lotus qui décrit le plus clairement cet immense potentiel inhérent à la vie humaine – l'état de bouddha. »
Shôju et Shakubuku
Deux approches complémentaires de transmission
Shôju
La méthode douce
Consiste à partager l'enseignement sans remettre en question les conceptions de son interlocuteur, mais en l'amenant peu à peu à s'éveiller à la vérité du Sûtra du Lotus.
« Quand le pays est seulement empli d'ignorants, c'est la méthode de shôju qui doit prévaloir. »
Shakubuku
La méthode directe
Consiste à exposer directement l'enseignement du Sûtra du Lotus, en réfutant au besoin les conceptions qui en contredisent l'esprit, c'est-à-dire celles qui rabaissent et dénigrent la dignité de la vie.
« À une époque où abondent les personnes aux vues erronées, c'est shakubuku qui s'impose. »
« Cela revient à se servir d'eau froide quand il fait chaud, ou de feu quand il fait froid. »
— Nichiren, Traité pour ouvrir les yeux
La « lutte spirituelle » pacifique de Nichiren
La société féodale du Japon au moyen-âge était fortement régie par la religion. Les écoles bouddhiques prospéraient, les temples s'élevaient « toiture contre toiture » et leurs prêtres jouissaient d'un pouvoir important.
Après avoir étudié l'ensemble des enseignements bouddhiques, Nichiren réalisa que le Sûtra du Lotus – et l'esprit de protéger la vie humaine qu'il enseigne – était dénaturé et sur le point d'être perdu. Il s'engagea alors dans une lutte spirituelle visant à corriger les doctrines qui emprisonnaient l'esprit des gens.
Contrairement aux idées reçues, Nichiren n'a cherché, tout au long de sa vie, qu'à mener un dialogue honnête avec les maîtres des autres écoles bouddhiques, déclarant : « Tant que des hommes de sagesse ne m'auront pas prouvé que mes enseignements sont erronés, je n'accepterai jamais les pratiques des autres écoles. »
« Rien n'est plus éloigné de la vérité que l'image d'un Nichiren nationaliste et intolérant. »
L'esprit d'éloge et d'encouragement
C'est une tendance humaine que de poser des limites à notre potentiel et celui des autres : ce que nous croyons possible et impossible. Ces limites sont ce par quoi nous nous définissons, mais elles peuvent aussi devenir des murs qui nous emprisonnent dans une vision étroite de nous-mêmes et du monde.
« Le bouddhisme remet constamment en question notre vision de nous-même et des autres, afin de libérer toujours davantage notre potentiel. C'est le sens de shakubuku. »
Le Sûtra du Lotus illustre cette attitude par l'histoire du bodhisattva Jamais-méprisant, qui s'inclinait respectueusement devant toutes les personnes qu'il rencontrait, malgré leurs réactions hostiles. En s'adressant directement à leur nature de bouddha, il « réfutait » ainsi leur vision limitée d'eux-mêmes.
L'essence de la pratique de shakubuku consiste à encourager et faire l'éloge des autres, en dépit de notre propre tendance à les rabaisser. C'est une lutte intérieure contre nos préjugés et notre incroyance dans le potentiel humain, qui débouche sur l'expression courageuse et respectueuse de ce que nous croyons être juste, à travers les paroles et, surtout, le comportement.
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